LE MOT DU PRESIDENT :

 

Président depuis le 26 mai 2012, j'ai intégré le bureau de l'association dès 2005, après avoir occupé successivement les fonctions de secrétaire, puis de vice-président. L'année 2005 a marqué une rupture avec le mode de gestion précédent. Alors que celui-ci était essentiellement axée sur un ré empoisonnement artificiel de nos cours d'eau, par la mise en place de boîtes Vibert, l'alevinage et le déversement de truitelles d'élevage, une politique de gestion patrimoniale a été mise en place à l'initiative de Gérard LECOEUR, nouveau président élu cette année là, mais malheureusement décédé subitement en 2008.

 

Désormais, Il ne s'agit plus de déverser du poisson d'élevage dans nos rivières, mais de favoriser la reproduction et le développement des souches existantes. Il a d'abord fallu lutter contre toute forme de pollution, ce qui reste un combat permanent. Au premier chef, nous nous sommes intéressés aux pollutions récurrentes de l'exploitation de matériaux (sable principalement) des carrières du Faltre par les entreprises SALLES et MERIC.. (voir le chapitre qui y est consacré ). En effet, les bassins de décantation des eaux de lavage n'étaient pas réalisés de façon à éviter tout déversement de celles-ci dans le Bès. De plus, l'exploitation s'était faite au mépris des recommandation de l'arrêté préfectoral d'exploitation en ce qui concerne notamment les distances à respecter entre le lieu proprement dit d'exploitation des matériaux et le Bès. Ainsi, à plusieurs reprises, ces eaux chargée en « fines » ont souillées la rivière Bès, colmatant les frayères, et réduisant de façon notable la reproduction naturelle, aussi en ensablant le Bès, réduisant sa profondeur et augmentant de ce fait la température de l'eau en période estivale. D 'autres pollutions d'origine domestique ont été mises en évidence et supprimées ( voir le chapitre « pollutions »). Toujours dans le domaine de la pollution, les règles d'épandage du lisier ont été rappelées à plusieurs reprises notamment par voie de presse mais aussi, des travaux ont été réalisés en ce qui concerne l'assainissement collectif et hôtelier. Dans le même temps, nous avons accru de façon notable les réserves de pêche en privilégiant les têtes de bassin pour favoriser la reproduction. Désormais, environ 9km sont en réserves. Une réserve spécifique dédiée à l'écrevisse à pattes blanches, espèce d'intérêt communautaire, a aussi été créée. Une nouvelle réserve à écrevisses est en cours de validation sur le Chantagnes (GRANDVALS).

 

Enfin, le dernier secteur d'importance concerne la restauration et l'entretien des berges des cours d'eau, la ripisylve. Si la loi oblige le propriétaire riverain d'un cours d'eau à le faire, dans les faits, la pratique est plutôt rare alors qu'elle était courante encore dans les années 1950. Nous avons du prendre le relais. Mais la difficulté ne résidait pas dans la mise en place d'un programme de restauration mais dans celle de convaincre les propriétaires de l'intérêt commun d'entreprendre une telle démarche Malgré la sécheresse de 2003 et le projet « Fontrouge », la mobilisation de la population pour la qualité de l'eau de nos rivières et de nos sources reste faible. J'en veux pour preuve la faible participation de celle-ci à nos assemblées générales (7 à 20 personnes tout au plus). Et pourtant, nous sommes dans une région d'élevage et touristique où l'eau est essentielle à ces activités. Nous avons toujours privilégié la concertation et le dialogue mais nous avons pris du retard par rapport à d'autre pays qui ont engagé cette politique il y des décennies. La rivière Bès en est un exemple flagrant ! Alors qu'une étude de restauration a été faite en 2006 , et qu'un financement des travaux devait suivre, celui-ci semble avoir servi à d'autres fins... Le constat est bien triste : la végétation riveraine est en « panne », les « squelettes » d'arbres morts sont plus nombreux que les arbres en croissance, les berges sont dégradées. Conséquences : des zones d'ombrages quasi inexistantes, une érosion accrue des berges par l'absence d'enracinement par les arbres, et surtout, un réchauffement de l'eau atteignant des niveaux incompatibles avec la vie aquatique des salmonidés (28°C en été!). A cela s'ajoute des décennies d'une politique de drainage, quasiment sous contrainte d'une politique agricole commune européenne qui a pris en otage le monde agricole en voulant faire disparaître les petites et moyenne structure, tout en favorisant le développement de la mécanisation qui ne pouvait se faire qu'en asséchant les parcelles humides pour y travailler ! Ces fameuses zones humides dont l’Europe a finalement reconnu les vertus et le rôle essentiel dans notre écosystème en régulant le débit de nos cours d'eau, filtrant l'eau et apportant une eau fraîche et de qualité. Résultat, plus de 60% de ces zones humides ont disparu ! L'autre facteur aggravant est le réchauffement climatique que nous constatons depuis plusieurs décennies. La tâche est donc ardue sur les 160 kilomètre de cours d'eau en gestion par notre association. L'implication du référant « Natura 2000 » et la collaboration des techniciens de la fédération départementale de la pêche et de la protection des milieux aquatiques nous permet de mener à bien plus de projets qu'auparavant. C'est un progrès, d'autant que la ressource humaine en bénévoles est rare, alors que tout le monde est concerné par la qualité de notre eau, y compris nos animaux d'élevage. L'objectif imposé par l'Europe d'obtenir d'ici 2015 une eau de qualité n'a pas été  atteint. Des pressions diverses, souvent dictées par le profit, ont ralenti les projets de restauration. La commission européenne est d'ailleurs prête à infliger de lourde amendes (plusieurs million d'euros) à la France pour son manque d'implication. Il en était de même, il y a quelques années pour « Natura 2000 ». Il est nécessaire que se dégage une volonté politique au niveau national pour atteindre les objectifs fixés par l'Europe. Ce sont des objectifs vitaux pour l'espèce humaine et nécessaires pour que perdure l'activité de loisir « pêche » !

 

                                          Christian ALLAIN 

 

                    Président de l'association agrée pour la pêche  et la protection du milieu aquatique du secteur de NASBINALS, membre du conseil d'administration de la fédération de la LOZERE pour la pêche et la protection du milieu aquatique (F.D.P.P.M.A. ) secrétaire adjoint de la F.D.P.P.M.A.